Rhodes, un pan de notre mémoire

par Moïse Rahmani

Une collection exceptionnelle de témoignages, notamment photographiques, sur la communauté juive de Rhodes. Une communauté très ancienne puisqu’elle remonterait au Ve siècle après J.-C. À partir de 1280, fuyant les persécutions en Aragon, de nombreux juifs trouvèrent refuge dans l’île de Rhodes et perpétuèrent leur culture spécifique, particulièrement leur langue judéo-espagnole. C’est avec l’arrivée des nazis en juillet 1944 qu’elle fut presque totalement anéantie. 1200 d’entre eux furent gazés à Auschwitz, soit 90 % de la communauté.

« Juillet 1944. Ulrich Kleeman, commandant la 999e division des forces de la Wermacht dans les îles est de la mer Egée fait arrêter les Juifs de l’île et les entasse dans des bateaux. Débarqués au Pirée, les Rodeslis sont mis le 4 août dans des wagons à bestiaux. Ils arrivent à Auschwitz le 16 août 1944. Immédiatement, mille cinq cents d’entre eux sont gazés… Au nom de la mémoire, Moïse Rahmani ressuscite ce paradis perdu ».

« Dans Rhodes, un pan de notre mémoire, l’auteur investit l’histoire, les histoires des familles avec leurs traditions, leurs superstitions. Ainsi défilent, variées, les vies des communautés juives enracinées dans le Dodécanèse dont Rhodes représente un cadre exaltant pour la “djuderia”, quartier où vivaient les juifs d’origine judéo-espagnole, heureuse un temps, passionnée et si attachante. D’amour et d’humour, les chroniques, maximes et proverbes, rythment la vie courante comme autant de clins d’il à la naïveté, au bon sens, dans l’harmonie de la tradition et de la foi juive. Trop de bon sentiments qui vont s’évanouir sous la plume de l’auteur. Les Juifs de Rhodes rechercheront une terre d’exil, de meilleures conditions de vie. Moïse Rahmani met en scène la dispersion progressive de cette chaleureuse communauté. Exilés à Bruxelles, Seattle, Harare, Ashdod ou à Capetown, la communauté de Rhodes s’en est allée. Aujourd’hui réduite à quelques âmes, rebelles ou dévouées, au service du souvenir des anciens, de ce qui a été et qui n’est plus. » (extrait d’un article de Michelle Benguigui, Sepharad.org)

Rhodes, un pan de notre mémoire
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